Une expérience non ordinaire de la réalité
Tout est expérience ! Mais d’ordinaire notre expérience finit exclusivement dans le courant mental. Pris par son flux de pensées incessantes, on ne peut plus expérimenter la réalité qu’à travers l’image mentale qui nous la déforme sans cesse.
Sortir de ce prisme est essentiel pour apprendre à voir de nouveau. Apercevoir la réalité telle qu’elle est et non telle qu’on l’imagine, telle est la clé. C’est pour cela qu’il est important de s’ouvrir à une expérience non ordinaire de la réalité.
Nous sommes sans cesse conditionnés pour faire certaines choses. Cette programmation provient de l’expérience de notre mental, qui nous pousse à réagir constamment au flux de nos pensées. Pour sortir de ce conditionnement aberrant, on doit apprendre à expérimenter notre monde, non plus par rapport au mental et donc sur la base de nos croyances et de nos attentes, mais bien sûr sur le terreau d’autre chose.
Prenons un exemple : S’asseoir contre un arbre et laisser le flot des pensées pour sentir ce qui se passe en soi. Sentir ce qui est là, derrière le courant des pensées. Qu’y a-t-il quand on ne pense plus ?
Que se passe-t-il quand nous ne sommes plus entrainés dans le flot des pensées ? Il ne se passe rien et pour cela, tout peut se passer et donc toute nouvelle expérience de notre réalité à ses prémices par ce rien. Quand le courant continu des pensées n’est plus et donc ne remplit plus l’espace de notre conscience, on s’ouvre naturellement à une expérience non ordinaire de la réalité.
La plupart ne trouvant rien de grandiose dans l’expérience de ce rien, rebasculent dans le flux des pensées, car là au moins on a la possibilité de croire vivre une vie extraordinaire. Mais cette expérience soi-disant extraordinaire est un leurre, qui, telle de la poudre aux yeux, perd l’être à se croire vivre une vie grandiose.
Tout ce qui l’apparence du grandiose, du merveilleux, du brillant est tout au contraire, un mécanisme d’asservissement. Le mental utilisé dans notre plan d’existence, n’est pas là pour nous aider à nous orienter, mais bien là pour nous perdre à jamais.
Quand je m’assois contre un arbre. Plus rien ne se passe. Et alors seulement tout peut réellement commencer. Dans ce rien, je redeviens ce rien. Cet espace vide, silencieux, ouvert me prépare à retrouver l’état nécessaire pour expérimenter à nouveau ce que je n’expérimente plus depuis si longtemps. C’est un temps d’adaptation, un sas de préparation, un moyen de calibration et de réharmonisation, et c’est pour cela que rien ne se passe, car nous n’avons plus la conscience de ce qui s’y passe.
En réalité il se passe plein de choses qui ne nous sont plus accessibles mais qui pourtant vont le devenir peu à peu. D’une certaine manière c’est une recalibration sensitive, qui permet à nos sens réels de se réactiver, au fur et à mesure que notre taux vibratoire remonte et puisse se brancher à nouveau aux flux naturel de la vie.
Je retrouve alors l’expérience de l’être qui est, simplement, naturellement. Le rien, le vide, le silence sont en réalité l’expérience réelle de la conscience et, comme elle a été habituée à exister dans un état qui se trouve à l’opposé, où le mental la remplissait sans cesse, elle a besoin d’un temps d’adaptation pour retendre dans son fonctionnement normal.
Dans cette expérience, il n’y a plus de mental car le personnage s’est effacé avec toutes ses attentes, l’ego s’est évaporé avec tous ses désirs, les pensées n’ont plus de place, plus d’existence puisqu’il n’y a plus rien qui puisse s’accrocher. Alors sans accroche, le rien devient mouvement et ce flux naturel nous élance dans sa réalité non ordinaire.
Dans cette réalité, tout s’efface mais, pour seulement, tous se retrouver ensuite dans un monde vibratoire où tout est présent, conscient, vibrant. Dans cet espace intérieur, où moi, je ne suis plus, alors, le tout reprend sa place, et vit. Il permet alors une toute autre expérience de la vie !
Dans cette expérience, je ne suis plus aux commandes car « je » est un autre qui avait pris toute la place et qui, à force de vouloir et de croire savoir, s’était enfermé dans un monde sombre et chaotique. Dans cette expérience, je ne suis plus aux commandes car « je » est un autre et alors seulement, un tout autre jeu, peu enfin débuter.