Le « bon heur » est là !
La bonne voie est un bonheur qui ne s’attrape pas ! Elle est l’expérience même, qui ne peut éclore que quand on lui laisse sa place légitime ! Plus on la cherche et moins on la trouve ! La bonne voie apparait quand on ne cherche plus puisqu’on a enfin compris qu’elle a toujours été là, en soi !
La bonne voie est là pour nous faire germer au-delà de nous-mêmes, afin que nous puissions traverser tout ce que nous ne sommes pas. C’est dans la reconnaissance de ce que nous ne sommes pas que nous pouvons découvrir qui nous sommes.
Tout ce que tu crois être te tend dans tous les sens ! Cette tension te diffracte de ce que tu es et tant que tu voudras tendre vers quelque chose d’autre que toi, tu te perdras car tu partiras là où tu n’es plus. C’est cela, tout le malheur de ce monde, de chercher à l’extérieur ce qui se trouve déjà présent en soi.
Le mal-être, le malheur, c’est tendre vers un autre temps, un autre monde, une autre partie de toi car tu as fini par croire que ta vie n’est plus à la hauteur de ce que tu es. Alors tu pars en quête de ce que tu crois pouvoir trouver de mieux mais tu te coupes en même temps de la possibilité de faire l’expérience de ce que tu es. Qui est la seule expérience réelle de ta vie !
Tout le reste n’est qu’un leurre ! Qu’une perte de temps puisque ce que tu cherches n’existe pas ! C’est là tout le dilemme, tout le paradoxe de ce monde inversé, de ce monde extériorisé ! Tu pars en quête de ce qui ne peut exister et donc de ce qui peut t’enfermer !
Ta vie ne vit plus alors la vie réelle, mais seulement une existence extériorisée, projetée et donc désancrée de ton jet originel ! C’est tout le sujet de ta vie, mais à force de projets, de rejets, tu te jettes à corps perdu, et tu finis par surimposer à ce qui est, ce qui n’est pas. Tu te coupes alors inexorablement de l’expérience réelle du jet de ta vie.
De malheur en malheur, ton expérience de toutes les croyances qui t’élancent de toutes parts ne t’apportera jamais un sens à ce que tu vis. Car il n’y a pas de sens, au non-sens de soi ! Il y a juste son expérience et elle se suffit à elle-même !
La bonne heure se retrouve quand enfin, il n’y a plus de recherche, plus de tension mais seulement l’acceptation de ce qui est là et donc la compréhension que tu es, en n’importe quelles circonstances, toi, l’éternel, l’infini. Ainsi, tu n’as plus besoin de chercher autre part ce qui est là !
C’est seulement dans l’acceptation de ce qui se présente et donc dans l’acceptation de l’expérience même que tu acceptes finalement ce que tu es réellement car tu peux alors tout accepter ! Accepter ce que tu es complet, parfait !
Quand tu comprends que l’expérience est là pour faire éclore en toi tout le message de la vie, tu commences à laisser faire. Tu commences à laisser être et donc il n’y a plus de tension, plus d’agitation mais seulement l’ouverture à tout. Puisque ce tout en toi comme à l’extérieur, c’est toi !
C’est pour cela qu’il est important d’apprendre à laisser faire ! C’est pour cela qu’il est essentiel de ne plus se mettre au milieu ! Et donc faire de la place à l’expérience pour laisser l’expérience reprendre les commandes de sa vie !
Mais pour laisser faire, il faut apprendre à laisser être ce qui est en soi comme dans le monde, sans attente, sans projection et donc sans vouloir imposer quel qu’ordre que ce soit. Pourtant tout en toi attend quelque chose, veut quelque chose tout en se projetant sans cesse dans cette attente incessante.
Tout en toi s’attend à autre chose que ce qui est là et pour cela, alors, tout en toi te pousse à vouloir, à attendre, à imaginer et donc à penser que cela pourrait être mieux. Être mieux, qu’elle magnifique idée pour ne jamais pouvoir vivre l’instant présent et pouvoir ainsi gouter sa sève secrète.
Sans instant, sans présent, il n’y a que fuite incessante vers ce qui n’est pas, vers ce qui ne sera jamais mais qui pourtant bloque toute la véritable expérience ! C’est cela qui arrête l’élan de la vie et qui pourtant ne veut qu’une chose, qu’elle puisse nous étreindre à nouveau pour nous enseigner. Mais pour cela, on doit réapprendre à l’écouter.
Mais pour l’écouter, on doit apprendre à ne plus écouter tout le reste ! La bonne nouvelle, la bonne voie, le « bon heur » sont sans cesse là, mais a-t-on le courage de faire de la place en soi, pour enfin les laisser éclore dans notre expérience d’ici-bas et s’y ouvrir alors tout naturellement ?