C’est dans le vide que le bruit apparait

C’est dans le vide que le bruit apparait

Quand on prend conscience du bruit incessant qu’il y a de toute part, on se demande comment pouvoir en sortir. Quand le bruit devient une torture, quand il apparait réellement pour ce qu’il est, dans toute son apesanteur, on n’a pas d’autre choix que de chercher tous les moyens pour le dépasser. Mais comment dépasser ce qui nous permet d’exister ? Comment transcender ce fonctionnement même qui sans cesse agit en nous ?

Voilà le dilemme, que l’être, une fois éveillé au bruit qui l’étreint et l’éteint sans cesse, cherchera à résoudre. Mais comment résoudre un problème quand on nous a appris seulement à fonctionner de la manière qui génère ce problème ? Comment peut-on le résoudre quand chercher la solution est ce qui engendre ce bruit ?

Tous les processus extérieurs ne fonctionnent pas ! Toutes les aides extérieures ne marchent pas non plus car la seule aide que l’on peut avoir vient de soi-même. De son propre processus d’éveil ! Seule l’expérience même de ce que l’on vit est à même de pouvoir nous aider à prendre conscience du bruit qui nous contient et donc du vide que l’on cherche.

C’est dans le vide que le bruit apparait et que s’engendre l’expérience même qui réveille ! L’expérience du vide est la porte que l’on doit ouvrir soi-même pour prendre conscience de l’expérience du bruit qui nous emplit sans cesse. Ce bruit apparait quand l’être vide et silencieux observe ce qui se passe en lui.

L’expérience du vide est une ouverture à l’expérience de l’Être qui est au-delà de l’expérience du personnage et de toutes ses croyances. Dans toute expérience, il y a plusieurs niveaux dont nous devons bien prendre conscience pour savoir où l’on se situe vibratoirement.

Tout est expérience ! Mais elle se situe sur différents niveaux qui permettent de comprendre dans quel étage nous nous mouvons. Le premier étage, dans lequel le monde entier est comme enfermé, est la dimension mentale, qui se trouve dans la dimension astrale. À ce niveau vibratoire faible, la conscience a accès à différentes émotions, dont les plus perturbatrices comme la peur, la culpabilité, la honte, la haine, la rancœur, la colère, la critique.

C’est de ces émotions déstabilisatrices que se nourrit le personnage. C’est à travers les croyances du personnage, à travers ces jugements de valeur sur autrui comme sur le monde, que l’expérience du monde et donc du bruit environnant génèreront toutes ces émotions déstabilisatrices, qui engendreront mal-être et chaos dans sa vie. Qui engendreront ainsi ce bruit intérieur, parasitant, interférant et bloquant l’expérience réelle de sa vie. Ce bruit est ce qui l’immobilisera sans cesse car il est là pour ça, pour l’empêcher de vivre réellement !

Toute expérience implique, pour la conscience, de sentir ce qu’elle expérimente, c’est le but même de l’expérimentation de l’être. De sentir à travers l’expérience de ce qu’elle crée ce qu’elle sent en elle. Dans ce monde duel, la conscience crée inconsciemment un monde dans lequel elle ressent des choses et des états qui alimentent et propulsent ce monde. Les croyances sont la forme de ce que l’on va expérimenter, tandis que ce que l’on ressent est l’essence, l’énergie de ce qui donne vie au monde.

Comme la conscience en ce monde, créée à travers le bruit, elle ne se sait pas créatrice et donc responsable de ce monde. Même si elle ne l’est pas, car c’est le bruit, à travers toutes les croyances engendrées par ce qui nous possède intérieurement, elle doit quand même reprendre conscience de ce qui se passe en elle, pour ne plus enfanter ce bruit mais la vie.

Elle doit reprendre conscience de son pouvoir infini, à travers son fonctionnement naturel. Percevoir ce bruit et comprendre qu’il engendre dans la conscience un fonctionnement aberrant qui est l’essence même de tout ce qui le manipule est essentiel pour s’extirper de cette voie artificielle.

Le bruit incessant, à travers tout le flux mental, remplit la conscience. La conscience focalisée sans cesse sur l’expérience de ces croyances, réagissant à ce qu’elles pensent et donc à ce qu’elle croit, engendre le monde dans lequel elle se perd. Elle ne fait pas l’expérience de son monde, mais exclusivement l’expérience des pensées et croyances qui la traversent et l’articulent dans la projection d’un monde illusoire, fantasmagorique.

C’est ce qui la bloque et l’empêche de pouvoir faire l’expérience de sa vie. Tant qu’elle reste prise dans le filet mental, elle est comme coupée du flux naturel de sa vie. Ce qui la pousse est ce qui est dit en elle et, tant que la conscience suit le flux narratif mental, elle reste prise dans ce piège infernal.

La conscience doit faire l’expérience de ce qui se dit en elle, comme n’étant pas elle, afin de prendre de la distance et de devenir ainsi observatrice de son monde intérieur. Quand on observe ce qui se passe en soi, on apprendra peu à peu à sentir ce qui nous traverse et donc à percevoir quelle intention, quel mouvement cela engendre. Est-ce que cela nous élève ou nous rabaisse ?

Quand on ressent des émotions négatives, c’est que ce qui nous traverse mentalement est là pour nous piéger, dans l’alimentation d’un corps illusoire de souffrance afin de générer ce monde de fou. C’est à travers ce processus que l’on prend conscience du bruit incessant en soi, comme vecteur de programmation et de soumission psychologique.

Ressentir, observer sont les seuls moyens à notre conscience pour pouvoir prendre conscience de ce qui agit en soi. C’est une gymnastique essentielle, vitale pour sortir en toute conscience du bruit qui nous nourrit depuis la nuit des temps. Quand on arrive à se baser sur ce que l’on ressent et plus sur ce que l’on pense, on s’ouvre à l’expérience de l’être car, ici, à ce niveau, la conscience s’éveille, se réveille du bruit incessant et paralysant du monde.

À force d’expérimenter ce bruit, il aura peu à peu moins d’influence, puisqu’il nous fera de moins en moins réagir. Sans réaction, il n’y a plus de programmation et donc plus de soumission. Ainsi le bruit partira peu à peu, jusqu’à disparaitre totalement.

C’est pour cela que c’est dans le vide que le bruit apparait ! Car le vide est l’expérience de l’être réel ! Le bruit est l’expérience du personnage et de son mental et donc de la manipulation incessante de tout ce qui possède encore et encore tout le règne humain.

L’expérience du vide est une expérience authentique car elle seule permet l’ouverture totale à tous nos sens et donc à toutes les dimensions qui nous constituent. L’expérience du bruit est ce qui nous ferme à l’expérience de notre totalité et qui engendre une expérience inconsciente. Car dans le bruit incessant, la conscience est comme désactivée de sa nature et de sa fonction. Elle devient passive, spectatrice d’une réalité qui s’interpose dans sa conscience, à travers le flux mental qui est là pour apporter une narration, une vision, une compréhension et donc une interprétation du monde qu’elle expérimente.

Cette expérience est faussée, falsifiée, inversée afin de dénaturer la conscience, afin de désacraliser toute son expérience, puisqu’elle ne crée plus par elle-même mais exclusivement par la voix intérieure. Cette expérience mentale est un processus de soumission pervers et sournois ! Car elle enlève ainsi sa capacité innée de pouvoir voir, comprendre, interpréter son propre monde puisqu’on lui apporte sans cesse une vision, une compréhension et donc une interprétation toute apprêtée.

C’est cette dynamique mentale qui la piège, à ne pouvoir créer qu’un monde qu’on lui souffle et qu’elle prend encore et encore pour elle. C’est cette voix/voie qui crée ce monde de fou car elle provient d’une réalité folle !

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