Observe ce qui entre en toi !
Observe ce que tu lis. Observe ce qui se passe quand tu lis ces mots. Est-ce que ces mots, ces idées engendrent en toi des mouvements ? Engendre-t-il plus de pensées et donc plus de questionnements ? Engendre-t-il au contraire une sensation étrange qui murmure à ton âme ?
Tout ce que tu regardes, tout ce sur quoi tu poses ton attention, tu lui ouvres la porte de ta demeure. Tu ouvres en grand, ce for intérieur pour y recevoir ce que tu regardes, ce que tu lis, ce que tu écoutes. As-tu conscience de ce que tu laisses entrer en toi ?
Dans ta maison, tu ne laisses pas rentrer n’importe qui ? Tu ne laisses pas la porte ouverte ? Tu ne laisses pas les fenêtres ouvertes la nuit, car sinon des voleurs pourraient s’introduire chez toi, afin de te voler ou pire.
Cet antre, ce milieu intérieur est l’espace de ta vie. Cet intérieur est sacré et pour cela, tu te dois d’apprendre à le protéger ! Sais-tu que tu peux le protéger des assauts de tout ce qui pourrait te nuire ou te déstabiliser ?
Dans ce lieu intérieur, existe une terre arable où tout peut éclore ! Vraiment tout, le bon comme le mauvais, l’utile de l’inutile, le vrai du faux, le petit du grand et aussi ce qui est et ce qui n’est pas. Ici, il est important de comprendre que tout peut partir d’une graine comme d’une idée. Puisque tout part et empreinte ce que l’on comprend, comprends bien que ton chemin de compréhension peut alimenter la vie en toi comme toute autre chose.
Est-ce que tu sais ce que tu alimentes en toi ? Est-ce que tu sais ce qui agit dans tout ce que tu regardes ? Tout ce qui vit en toi est tout ce que tu regardes ! Ce que tu regardes, tu le gardes en toi et cela alimente certaines choses en toi.
Ces choses que tu gardes sont les idées et structures qui colorent ta manière de percevoir ton monde. C’est en toi, à travers le prisme de tes croyances, que tu t’ouvres ou pas à ce qu’il y a dans ce monde. Tu peux t’ouvrir à tout et pourtant tu tends que vers ce que tu entends et donc vers ce que tu comprends.
Si tu ne peux comprendre autrement, tu ne peux voir d’autres choses car elles ne rentrent pas en correspondance avec ta structure d’interprétation. Il manque les atomes crochus pour s’assembler et s’unir afin de faire naitre de la nouveauté et donc une autre compréhension.
Pourtant, cela, ce processus en toi, tu peux l’observer, juste l’observer pour voir ce qu’il fait. Sans cesse tout se fait en toi, car tout est mouvement, mais ce mouvement, va-t-il là où il doit aller ? Va-t-il là où il ne doit pas aller et t’amène en même temps avec lui ?
Ce mouvement de perception, est au-delà de la compréhension au départ, car tant que tu restes circonscrit au mouvement de ce que tu crois, de ce que tu penses et donc de ce que tu attends par rapport à tout cela, il t’enchaine dans son mouvement infernal. Ce mouvement te fait tourner en rond pour qu’il t’enferme dans son flux et t’illusionne dedans.
Tant que tu penses, tant que tu crois, tant que tu attends quelque chose ou quelqu’un, tu tournes en rond dans l’espace illusoire de ton mental. Observe cela, simplement ! Observe ces pensées qui s’enchaînent tout en t’enchaînant en même temps. Observe les programmes mentaux, qui te narrent un récit pour faire apparaitre à ton esprit une image, une forme compréhensible, interprétative.
Regarde enfin pour comprendre ce que tu gardes en toi et donc ce que tu alimentes ensuite. Regarde ce récit qui sans cesse te répète ce que tu es, ce que tu crois, ce que tu veux ou veux pas, regarde bien ce qui t’ancre au domaine de l’illusoire.
Plus tu observes, et moins tu regardes, car tu commences peu à peu, à moins à garder ce qui se passe en toi. Tu commences peu à peu à te détacher de ce courant mental, de ce courant de pensée, car de regard, tu es en train de passer à l’observation.
L’un est inactif, inconscient, il est là pour faire planter et éclore toute une réalité qui prendra ensuite forme dans ton esprit et dans le monde extérieur. L’autre est actif, conscient, il est là pour voir, voir vraiment ce qui se passe et non plus ce qui est montré.
Il est là pour percevoir au-delà des formes éphémères qui perdent la conscience dans un flux qui ne peut s’arrêter. Tout est là dans l’ART, dans l’arrêté du mouvement même qui nous pousse, qui nous ancre, qui nous manipule, qui nous garde, qui nous incarcère dans une réalité archontique, chaotique, démoniaque.
« A R T » est l’ultime mouvement qui nous ouvre au véritable mouvement de la vie, de l’être, de la conscience et donc de la connaissance. Quand tout s’arrête, il n’y a plus de jeu, il n’y a plus que le « je » d’être soi.
Observe ce « je », pour sortir du jeu inversé de ce monde et percevoir ainsi toute l’inversion de toute part, là où les démons abondent. Ils n’ont aucun pouvoir si ce n’est de te faire croire à leur « je ». Ce jeu est sans cesse falsifié car il est là pour ça, pour te falsifier dans l’illusion de te prendre dans tout ce qui n’existe pas. Observe cela, ne le regarde plus, pour ne plus le garder en toi.
Observe seulement ce que tu ressens. Ce que tu ressens n’alimente pas le jeu de ce monde, mais le « je » réel de ta vie. C’est dans la sensation de ce réel en toi que tu pourras voir enfin vraiment tout ce qui t’a manipulé occultement, car ce « voir » éclaire ce qui est comme tout ce qui n’est pas.
L’art suprême est de voir ce qui ne se montre pas ! Cet art est là disponible à tous, et il suffit de le comprendre, afin qu’il s’éclaire de partout et te révèle enfin tout, ce qui était encore occulte, à ta vision déformée et détournée. Observe cela, observe naitre cela en toi et ne regarde plus.