L’aurore de la conscience
Nous croyons savoir ce qu’est la conscience mais tant que l’on en fait pas réellement l’expérience, elle reste une idée, un concept vague et évanescent que l’on ne peut encore dompter. Nous sommes tellement remplis de certitudes qui coulent de toutes parts que nous oublions le plus important : tout ce que l’on sait est ce qui nous empêche de faire l’expérience de la conscience.
Même si la conscience reste la racine même de toutes nos expériences, elle nous reste très largement méconnue car nous ne faisons jamais face à elle, face à sa réalité directe. Nous l’utilisons sans jamais comprendre ce qu’elle est et surtout ce qu’elle permet à notre vie.
Sans conscience nous ne sommes rien ! Sans conscience nous ne sommes que ce qui se dit en soi ! Sans conscience, ce qui se dit en soi peut nous montrer continuellement un monde qui n’existe pas et qui nous y enferme en même temps ! Sans conscience, nous sommes des êtres passifs, incapables de voir au-delà ce que l’on nous projette intérieurement !
Sans conscience des processus internes d’interférences, notre existence est vouée au conditionnement incessant de tout ce qui traverse notre esprit. Sans conscience de ce qui se passe en soi, nous ne sommes que les jouets d’influences qui nous dépassent et nous manipulent inconsciemment.
L’aurore de la conscience est la seule réalité qui peut nous permettre d’émerger de cette matrice artificielle, qui nous enferme dans une perception illusoire de la réalité. Comment élever sa conscience au-dessus des flux illusoires qui se déversent constamment en soi ? Telle est la question ultime !
Pour pouvoir commencer à s’élever, il faut déjà bien comprendre que tout ce que l’on croit est là pour nous désactiver de notre souveraineté. Le système ne nous élève pas pour être plus grands, mais tout au contraire, pour nous empêcher de grandir, de murir afin que nous soyons sous dépendance, sous emprise et donc sous sa coupe.
Sa coupe est une chape de plomb qui devient de plus en plus lourde à porter. Elle est là pour nous abaisser, toujours plus, et donc pour que nous ayons sans cesse besoin d’aide extérieure. La conscience élevée par le système est une inversion constante car au lieu de nous rendre indépendants, libres, souverains, elle nous illusionne à devenir dépendants, captifs, assujettis à lui.
Pour élever sa conscience, on n’a pas d’autre choix que d’affronter tout ce qui se passe en soi ! Ici, c’est un chemin personnel qui ne doit être basé sur aucune attente des autres ! C’est la base, car c’est dans l’affrontement même que la conscience s’élève, car plus elle prend conscience de ce qui se passe en elle, et plus elle s’autonomise !
Ici, il n’y a plus d’excuse possible car à ce niveau on est face à soi-même ! Seule l’expérimentation de ce qui se passe en soi, dans la conscience, permettra de trouver ses propres moyens pour s’en sortir. C’est par ce processus que l’on grandit, murit, s’affermit et devient un adulte qui a enfin la conscience de ce qu’il y a en soi.
On n’a plus à attendre des autres ou du système pour nous aider à y arriver. Tant que l’on reste dans cette posture, on est des enfants ignorants, dépendants du système qui ne peuvent se nourrir par eux-mêmes, qui ne peuvent être libres de leurs mouvements comme de leurs propres volontés. Dans cette attente, on ne peut pas s’émanciper puisqu’on reste ligoté dans les filets mis en place !
La conscience a besoin de s’émanciper de toutes ces croyances qui la leurrent à croire qu’elle a besoin de quoi que ce soit d’extérieur à elle. Elle n’a besoin de rien car tout est en elle mais pour pouvoir l’activer, il faut aller l’arpenter, la découvrir et affronter tout ce qui se passe en soi. C’est la seule route qui existe pour se libérer soi-même !
C’est dans l’expérience de ce qui se passe dans la conscience qu’elle s’élève elle-même car elle apprend à se connaitre. Tant qu’elle est dans l’expérience de ces croyances, de ces pensées, elle stagne car ce n’est pas la conscience qui œuvre mais ce sont tous les courants illusoires de la matrice qui lui montrent une réalité éphémère qui la désactivent, lui font croire que ce qu’elle voit, ce qu’elle entend est là pour l’aider.
Non, bien au contraire, tous ces processus sont là pour la désactiver de son pouvoir, de sa volonté, et donc de sa souveraineté. Elle ne peut être souveraine, si elle attend la validation constante de tout ce qu’elle veut entreprendre !
Ce qui attend, n’est pas la conscience ! C’est ce qui interfère avec la conscience en lui faisant croire que c’est elle qui décide ! Ce qui décide dans la conscience, c’est le personnage, le système de croyance qui s’est fait passer pour elle et qui lui dicte sa loi. Sa loi est de ne rien faire d’autre que ce qu’elle croit et, comme ce qu’elle croit est là pour l’immobiliser, l’infantiliser, elle ne fait jamais rien de concret. Elle ne fait que ce qu’on lui dit, intérieurement comme extérieurement et pour cela, elle ne fait jamais rien d’elle même.
L’aurore de la conscience commence quand on arrive à percevoir que ce qui se passe en soi ne vient pas de soi et en plus est là pour nous illusionner sans cesse en nous faisant percevoir une réalité qui s’intercale et nous exclut en même temps de notre réalité authentique. C’est quand il y a cette prise de conscience que la conscience s’élève car elle voit maintenant que ce qui agit en elle n’est pas elle et alors elle a le pouvoir de s’en différencier, de s’en émanciper.
Voilà l’aurore de la conscience ! Et tout le reste, finalement, sur le théâtre de ce monde, n’est qu’une illusion afin de continuer d’immobiliser la conscience dans un flux sans cesse plus irréel, et donc toujours plus artificiel. Voir cela, c’est commencer à voir de nouveau et c’est donc le processus même qui élève et intègre la conscience dans le tout infini qu’elle a toujours été, afin d’aller toujours plus loin, toujours plus haut. Mais cela ne se fait tout seul…