Il y a ce que l’on nous montre et tout le reste
Nous ne voyons du monde que ce que l’on veut bien nous faire voir. Le reste nous reste inconnu, mieux, il ne nous est même pas concevable. C’est là où se trouve toute la subtilité ! Derrière le rideau de ce monde, de ce spectacle terrifiant, existent de multiples autres réalités, dont nous ne savons rien.
C’est pour cela, qu’il est important de comprendre : comment s’ouvrir à tout ce qui ne se montre pas ? C’est cette question qui me servira de moyen pour vous montrer comment voir au-delà des voiles que l’on nous insère de toutes parts afin de ne voir rien d’autre que ce que l’on voit habituellement.
Nous n’imaginons pas à quel point la perception que nous avons du monde provient constamment de l’image que nous en avons intérieurement. Nous ne faisons que percevoir la réalité extérieure, à travers le prisme de notre réalité intérieure.
Tout ce que l’on ne peut voir provient de notre manière de voir intérieurement. Sans la capacité à pouvoir voir d’autres choses que tout ce que l’on nous montre intérieurement, on continuera inexorablement de voir pareil. Cette capacité nous a été peu à peu enlevée, afin que nous ne puissions voir qu’une certaine image de notre monde. Cette image est la forme du prisme que nous percevons à l’extérieur. Tant que cette image mentale structure notre expérience intérieure, nous ne pourrons que voir tout ce que l’on nous montre et rien d’autre.
C’est à ce niveau de perception et donc de compréhension que l’on doit bien entrevoir car tout se passe là, dans cet espace intérieur. Tout est perception, tout est vision, tout est là pour voir ce qui se voit déjà en soi et comprendre cela est essentiel.
Au-delà du mental, du personnage, de l’ego et donc de la structure de croyances que nous avons en nous, persistent d’autres mondes, dans lesquels d’autres êtres œuvrent à nous montrer tout ce qui nous en barre l’accès. Tant que nous resterons dans notre fonctionnement habituel, tout, je dis bien tout, sera là pour nous en barrer la vision, et donc nous en empêcher l’expérience.
Notre expérience de la réalité est basée sur un biais cognitif collectif, qui nous empêche tous de pouvoir faire l’expérience réelle de notre monde. Notre fonctionnement nous entraine à percevoir une image déformée de la réalité, qui s’intercale avec le monde et qui nous empêche son expérience directe et donc concrète. Nous sommes ainsi enfermés dans une image fantasmagorique, que nous prenons comme réelle et que nous projetons à l’extérieur. C’est cette projection qui crée l’expérience paradoxale de tout ce que nous vivons.
Tant que cette image, fera la loi intérieurement, tant que nous aurons foi en elle, elle sera la structure même qui nous coupe de la réalité réelle de tous les jours. Tant que l’on n’est pas dans cette réalité authentique, on ne pourra rien faire d’autre qu’être constamment illusionné par tout ce que l’on projette intérieurement.
Il y a ainsi ce que l’on nous montre intérieurement et tout le reste. Le reste ne peut être accessible tant que l’on n’a pas compris que ce que l’on nous montre est cela même qui nous désactive et nous illusionne en même temps. Cela nous désactive de notre capacité de voir autrement car ce n’est pas nous qui gênerons cette image intérieure, puisqu’elle est issue d’une image mentale que l’on nous narre constamment. La narration mentale extérieure, à nous, crée la perception de cette image qui se superpose à notre expérience réelle. C’est à ce niveau que persiste le biais cognitif, car notre perception intérieure est détournée par la narration mentale. Tant que nous ne comprenons pas cela, nous ne verrons que ce que l’on nous montre.
C’est pour cela qu’il est important de s’ouvrir à une expérience qui va au-delà du mental, afin de commencer à percevoir ce qui induit les murs qui créent notre prison perceptuelle. Tant que l’on reste pris dans la narration mentale, nous sommes enfermés dans une bulle de projection, qui nous coupe de la réalité et donc qui nous empêche de percevoir ce qui se passe vraiment.
La perception de cette bulle, de cette forme, issue et alimentée par le mental, est la sphère qui nous contient, nous illusionne et nous empêche de pouvoir percevoir le reste de notre expérience. Tant que l’on est dans cette bulle mentale, nous ne pouvons voir cette forme qui nous contient puisque nous nous prenons pour cette forme, cette structure, ce personnage.
Nous ne sommes pas cela et c’est pour cela que la voix mentale nous remplit constamment de sa narration afin que nous n’ayons jamais le temps, ni l’espace de pouvoir comprendre son processus sournois et impitoyable. Tant que cette voix fait foi en nous, c’est la loi de tout ce qu’elle dit qui arrivera !
C’est de cette manière qu’œuvre le paradoxe dans lequel on est enfermé. Comme on ne sait que fonctionner à travers le mental, que l’on prend pour sa voix, on ne peut faire autrement que continuer à faire comme on a toujours fait. Pourtant, la dimension mentale, ce n’est pas tout, bien au contraire, elle n’est qu’une petite partie de tout ce que nous sommes. C’est cela le reste, et comprendre cela, c’est s’ouvrir en conscience, une brèche dans la bulle qui nous contient sans cesse.